
L’incroyable impasse dans laquelle se trouve Silvan Hefti à Hambourg
Acteur du retour du HSV en Bundesliga la saison dernière, surtout lors de la phase aller, le Suisse se retrouve à l’écart du groupe professionnel ainsi que des matchs de la réserve depuis le début de saison. Avec un salaire important et un contrat jusqu’en 2028, les éventuels prétendants sont logiquement refroidis.

Arrivé sur les bords de l’Elbe à l’été 2024 sur insistance de Steffen Baumgart, le coach d’alors, Silvan Hefti voyait son aventure en deuxième division allemande commencer sous les meilleurs auspices. Régulièrement aligné et salué pour ses performances défensives solides, il devenait au fil des journées un pilier de l’arrière garde des Rothosen. Problème : sur le plan collectif, le Hambourg de Baumgart n’y arrivait pas. Ou en tout cas pas assez selon sa direction. L’actuel coach de l’Union Berlin finissait donc par être débarqué du banc hambourgeois fin novembre 2024, certes à la huitième place mais alors que son équipe ne comptait que trois points de retard sur le podium.
Pour marquer son territoire et relancer la machine, Melvin Polzin, l’adjoint propulsé subitement numéro un, décidait alors de donner un coup de pied dans la fourmilière et de se tourner en grande partie vers la jeunesse. Tacticien plus offensif que son prédécesseur, il décidait de privilégier des latéraux véloces et endurants, quitte à ce que l’équipe perde en équilibre. Pour Hefti, plus réputé pour ses qualités défensives que ses débordements, cela représentait un véritable test. Pour un natif de Rorschach, ça ne s’invente pas.
Test non concluant en fin de compte, car au fur et à mesure que la saison avançait, le jeune latéral droit français William Mikelbrencis, au profil de piston, gagnait du temps de jeu et la confiance de son entraîneur. Et comme les résultats suivaient, les statuts se sont alors figés. Mikelbrencis titulaire, Hefti remplaçant. Avec au bout, une accession à l’échelon supérieur.
Une histoire banale de concurrence, me direz-vous. Sauf que là où ça coince, c’est que les champions d’Europe 1983 avaient beaucoup misé sur l’ancien Pailladin au moment de sa signature. Avec un salaire mensuel juteux d’environ 140 000 EUR apposé sur un contrat courant jusqu’en 2028, le joueur passé par le Genoa touchait l’une des plus grosses payes du club en Bundesliga 2. Et en Bundesliga, il est à ce jour le neuvième plus gros salaire du club dans un effectif qui compte 30 joueurs. À titre de comparaison, William Mikelbrencis, aujourd’hui à nouveau remplaçant, perçoit 36 000 EUR mensuels. Sur demande de Melvin Polzin, Hambourg a décidé de recruter le Géorgien du Shaktar, Giorgi Gocholeishvili, pour en faire le titulaire au poste. Ce dernier palpe 61 000 EUR mensuels, soit moins de la moitié de ce que touche Hefti. Et les salaires cumulés de Mikelbrencis et Gocholeishvili n’atteignent même pas les 100 000 mensuels. On comprend mieux pourquoi celui de l’Helvète est une véritable aberration dans le budget du promu.

Conséquence ? Silvan Hefti a été purement et simplement mis à l’écart durant l’été et prié de se trouver un nouveau point de chute. Littéralement ostracisé par le staff, interdit d’entraînement avec le groupe professionnel, il s’entretient avec la réserve et n’a pris part qu’à une rencontre de Regionalliga, au mois de septembre. Désemparé, le Suisse ne peut donc même plus goûter à la compétition avec l’équipe B, son club craignant possiblement une blessure qui hypothèquerait toute chance de transfert.
Et si Hambourg souhaite plus que jamais se débarrasser de lui afin de se délester d’un salaire aussi élevé qu’inutile, les dirigeants ne sont pour autant pas naïfs : ils ont bien conscience que la durée de son contrat et ses émoluments constituent un frein important aux velléités de potentiels prétendants.
C’est donc sous la forme d’un prêt avec prise en charge d’une partie du salaire, ou d’une rupture à l’amiable, que l’aventure en Allemagne septentrionale de notre ancien et éphémère arrière droit de 28 ans seulement devrait selon toute vraisemblance prendre fin. Pour rebondir où ? Affaire à suivre en janvier.


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