Un Montpellier FC muet et battu à Saint-Malo
Une semaine après l’ouverture réussie de la saison à domicile contre Toulouse (5-1), les Montpelliéraines avaient rendez-vous ce samedi avec l’autre promu de cette saison 2026/27 de Première Ligue, l’US Saint-Malo. Menées rapidement par les Diablesses, nos joueuses ont bien tenté d’inverser la vapeur au cour d’un match serré, mais en vain. Elles concèdent la défaite (1-0), et laissent filer l’occasion de se créer un petit matelas de points qui aurait déjà été utile, alors que le marathon pour le maintien s’annonce encore éreintant…
Pour débuter, le MFC s’offre une première opportunité sur corner via Adja Binate, dont la reprise passe à côté du cadre (2′). L’entame de rencontre est équilibrée et Saint-Malo réplique vite, avec une occasion franche pour Elisa Aubert, qui vient butter dans la surface sur Solène Durand (5′). L’USSM pousse et semble boosté par son public du Stade Marville. Les supporters malouins peuvent d’ailleurs exulter peu après, avec une magnifique réalisation sur coup-franc de Megan Rucker (1-0, 7′), qui permet au promu de prendre les devants :
Pour la première fois de la saison, les joueuses de Patrice Lair sont donc menées. S’en suit une première mi-temps mitigée, où Montpellier paraît plus timide que face à Toulouse, avec un pressing moins prononcé. Plusieurs bons ballons sont pourtant distillés dans la surface, mais Natalia Oleszkiewicz ne peut les exploiter pleinement, se retrouvant stoppée deux fois par Inès Marques, la gardienne adverse (19′, 34′). Mis à part un coup-franc au-dessus d’Aïrine Fontaine (26′), le MFC peine donc à amener le danger dans le camp malouin. Patrice Lair essaye de secouer son équipe avec la sortie anticipée de Bouchra Kharafi, remplacée par Rose Kadzere (24′), mais rien n’y fait. En face, l’US Saint-Malo se veut désormais plus attentiste, mais place tout de même quelques banderilles. Solène Durand doit notamment intervenir pour arrêter une frappe lointaine mais cadrée d’Abigaïl Charpentier (36′).
La rencontre ne basculera malheureusement pas en deuxième mi-temps, malgré une domination toujours plus prononcée des visiteuses. Rose Kadzere plante le décor au retour des vestiaires, en se faufilant entre les défenseuses pour aller tirer dans un angle fermé, trouvant la main ferme de Marques (47′). Les Héraultaises monopolisent maintenant le ballon, mais l’USSM arrive à faire le dos rond et à se créer des opportunités en contre. Par deux fois, Elisa Aubert se montre dangereuse sur une attaque rapide, mais la charnière Gillard-Tchakounté parvient à faire les retours nécessaires pour l’arrêter à temps (49′, 52′). Côté montpelliérain, une petite situation arrive sur un coup-franc indirect, mais l’action se termine avec une tête imprécise de Kadzere (58′).
Toutes les dix minutes environ, les Montpelliéraines arrivent à se créer une action intéressante. Fontaine prend sa chance de loin, tombant à nouveau sur une Marques très solide sur sa ligne (68′). Marion Torrent s’essaye à un centre-tir qui passe au-dessus de la cage (75′). L’entrante Ilona Koko est finalement la dernière à faire trembler la défense bretonne. Elle place d’abord une belle tête sur un centre millimétré de d’Ana Jelenčić que Marques repousse, faisant encore et toujours le job pour préserver l’avantage malouin (86′). Et puis, dans les arrêts de jeu, Koko se retrouve cette fois à la retombée de l’ultime relance longue de Durand. Le rebond surprend la défense, mais l’ancienne Girondine n’arrive pas atteindre le ballon du bout du pied, laissant le soin à Marques de ponctuer sa belle performance du soir par une dernière sortie réussie (90’+3′). L’USSM tient donc le choc et obtient, sur la plus petite des marges, un premier succès historique pour le club au plus haut échelon du football féminin français.
Côté montpelliérain, c’est un brutal retour sur terre qui rappelle tout le chemin à parcourir pour espérer autre chose qu’un maintien anxiogène. Contrairement à Toulouse, Saint-Malo n’aura pas fait de cadeaux aux joueuses de Patrice Lair, qui ont été incapables de se montrer efficaces face à ce bloc hermétique. Le MFC a beau avoir dominé au chapitre des tirs (17, dont 7 cadrés contre 6 pour Saint-Malo) et de la possession (59%/41%), cette emprise ne compense pas toutes les imprécisions qui ont émaillé les efforts héraultais en attaque.
Devant, Oleszkiewicz est emblématique de ce jeu brouillon : souvent bien placée à la retombée des ballons, elle était bien trop souvent à contretemps pour prendre à défaut la défense adverse. Fontaine, plus en vue, a aussi parfois pêché par manque de lucidité, tentant quelques frappes déroutantes quand une remise ou une passe en profondeur pour une coéquipière aurait été plus indiqué. Elle ne fut parfois pas aidé par sa collègue sur le côté gauche Ana Jelenčić, plusieurs fois coupable de passes très mal dosées pour son ailière. À l’opposée, le côté droit fut particulièrement illisible, changeant d’animation au fil des remplacements et terminant avec une Kadzere inhabituellement basse dans son positionnement.
Il y eu certes quelques beaux moments d’abnégation. Gillard, notamment, s’est illustrée en défense avec des bons retours et des tacles appuyés, mais propres dans la surface. Notons aussi la bonne deuxième mi-temps d’Adja Binate, débordante d’activité au milieu et tentant tout pour trouver ses attaquantes. Mais le bilan reste maigre, laissant une impression globale de stérilité dans le jeu particulièrement frustrante. D’autant que l’adversaire est, on le sait, un des concurrents les plus directs pour le maintien.
Les Montpelliéraines retrouveront le championnat dès le week-end prochain. Au programme, un gros morceau avec la réception à la Mosson de l’Olympique de Marseille, samedi soir (21h). Un rendez-vous excitant mais périlleux face à des Phocéennes ambitieuses pour leur seconde année en D1. Elles affichent actuellement un bilan de deux victoires en autant de journées, suffisant pour accompagner Lyon et le PSG sur le podium…
LA COMPO
Durand – Revelli (Gstalter, 70′), Tchakounté, Gillard, Jelenčić – Torrent (c.), Binate, Kharafi (Kadzere, 24′) – Humbert (Koko, 54′), Oleszkiewicz, Fontaine.

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