
Défait à domicile par le HAC, le MHSC Féminines reste bon dernier
Et de huit. Cela fait maintenant huit défaites concédées par un seul but d’écart depuis le début de la saison pour le MHSC Féminines, sur un total de onze matchs perdus. Mais cette dernière, infligée à domicile par Le Havre ce week-end (1-2), est d’autant plus lourde de conséquences qu’elle s’est produite face à un concurrent direct pour le maintien. Un vrai match à six points, que Montpellier a laissé filer après une première période difficile et malgré, comme souvent, quelques bonnes opportunités de revenir au score…
Si l’effectif héraultais s’est récemment étoffé avec l’arrivée de trois nouvelles joueuses (et qu’une quatrième semble en chemin d’après ce qu’on a pu entendre lors de la retransmission du match), c’est une équipe similaire à celles des semaines précédentes qui est alignée ce samedi par Yannick Chandioux. Question de timing pour intégrer les nouvelles venues. Aude Bizet, la jeune défenseuse prêtée par Fleury, est néanmoins présente sur le banc. Sur le front de l’attaque, il est clair que tout reposera en grande partie sur Justine Rouquet, passée de l’aile gauche à un rôle de pointe dans un schéma en 4-3-3. C’est d’ailleurs elle qui vient reprendre, sans succès, un centre de Marie Levasseur sur la première occasion du match (6′).
Le MHSC a toutefois à peine le temps d’essayer de prendre la rencontre par le bon bout qu’il se retrouve, déjà, à courir derrière le score. Il ne faut en effet même pas dix minutes au HAC pour prendre les devant, Madeline Roth profitant ainsi de la passivité défensive des Pailladines sur un corner de Christy Gavory (et d’une mauvaise appréciation de la gardienne Ceylin Yilmaz pour se placer sur sa ligne) pour envoyer la balle au fond (0-1, 8′).
Une ouverture du score suffisante pour torpiller la confiance déjà limitée des troupes de Yannick Chandioux, qui traversent les minutes qui suivent sans réaction immédiate. Mais petit à petit, les voilà prêtes à faire leur retour dans le camp normand, jusqu’à se créer une série d’opportunités franches devant la cage de Laëtitia Philippe. C’est la latérale québécoise Marie Levasseur qui vient d’abord butter sur l’ex-gardienne du MHSC, en reprenant un centre à ras-de-terre de Rouquet (22′). Un corner arrive dans la foulée et à nouveau, Levasseur vient tenter une petite déviation face au but, envoyant cette fois le ballon sur la barre transversale (23′).
Hélas, le temps fort montpelliérain vient de passer et, comme trop souvent, il a manqué un brin de réussite pour parvenir à le concrétiser. Déterminé à tenir son avantage au score, le bloc havrais défend très bien et parvient même à remonter d’un cran, permettant à ses joueuses offensives de se créer des situations. Melinda Mendy prend notamment sa chance de loin, mais son tir passe au-dessus (43′). Face à des Ciels-et-Marines placées hautes sur le terrain, Yilmaz et ses coéquipières ont donc du mal à se dégager. Sur le six mètres suivant la frappe de Mendy, la balle est récupérée au milieu de terrain par les visiteuses et termine dans les pieds de Zoé Stievenart. Et comme elle commence maintenant à en avoir l’habitude, la joueuse passée en U19 du côté de Grammont ne manque pas l’occasion de marquer face à son ancien club (0-2, 43′).
Difficile pour les Montpelliéraines de retrouver l’allant nécessaire pour revenir dans le match avec un tel écart. Leur manque de présence dans la surface continue de saborder les quelques actions bien construites, comme sur ce joli centre de Lola Gstalter que Rose Kadzere ne peut qu’effleurer de la tête (49′). Et puis, d’un coup, Cyrielle Blanc rallume la lumière : sur un coup franc indirect, la milieu auvergnate reprend d’une puissante volée un ballon renvoyé de la tête par la défense havraise, ne laissant aucune chance à Philippe (1-2, 54′).
S’en suit un nouveau temps fort pour les Pailladines qui reprennent espoir, de concert avec un public de Grammont galvanisé. Dans l’euphorie de ce but, Chandioux procède également à trois changements amenant un gain supplémentaire d’énergie à son équipe : Aude Bizet, Nina Ngueleu et Ella Palis rentrent, Chiara Baylet, Agathe Felden et Judith Coquet filent sur le banc. Bizet prend place sur le côté gauche de la défense et dégage tout de suite une bonne impression à n’hésitant pas à aller au duel, dans les airs comme au sol.
Les Havraises, plus fébriles, voient alors plusieurs raids héraultais amener le danger dans leur camp. Trouvée à gauche par un bon décalage de Rose Kadzere, Justine Rouquet peut ainsi déborder et remettre la balle à ras-de-terre vers Lola Gstalter, néanmoins devancée sur le ballon par Célestine Boisard (57′). Rouquet, de plus en plus active, part ensuite dans la profondeur à la réception d’un dégagement en cloche de Marie Levasseur, sa tentative du bout du pied finissant captée par Laëtitia Philippe (59′). L’attaquante de 18 ans est encore une fois à la manœuvre sur une attaque rapide peu après, mais elle ne peut ni trouver une partenaire, ni un bon angle de frappe, décochant finalement un tir contré par la défense adverse qui vient mourir dans les gants de Philippe (62′).
Malmené, le HAC doit réagir et va, progressivement retrouver son assise défensive au milieu. De quoi permettre d’initier quelques offensives en transition, comme lorsque Madeline Roth et Zoe Stievenart parvient à s’extirper d’un deux contre trois pour forcer Yilmaz à une intervention (64′). L’entrante Emmy Levefre manque aussi le cadre de peu, après avoir placée une bonne tête sur un coup-franc indirect (74′).
Alors que le bloc havrais se fige de plus en plus dans son camp, le match tourne désormais à l’attaque/défense. Un scénario convenant davantage aux visiteuses, qui garent le bus avec une rigueur et un hermétisme insurmontable pour l’attaque balbutiante des Pailladines. Sonia Ouchene s’offre la seule occasion concrète du dernier quart d’heure avec une frappe non-cadrée depuis l’extérieur de la surface (80′). Il y a aura bien un ultime corner pailladin dans le temps additionnel, mais le choix plus qu’incongru de Gstalter et Ouchene de l’effectuer à la rémoise n’amènera à rien, sinon une tentative de contre havraise (90’+1′).
Les Normandes repartent donc de Grammont avec trois points forts utiles dans leur besace, suffisant pour leur offrir une avance confortable dans la course au maintien. L’OM, 9ème, a également fait une très bonne opération en s’imposant sur la pelouse du RC Strasbourg (2-4). Alors que Lens a perdu contre Fleury (0-2) et que Saint-Étienne a été logiquement défait lors du derby contre Lyon (4-0), ce sont pour l’instant les trois équipe du fond de classement qui semblent amenées à lutter jusqu’au bout pour éviter la relégation en Seconde Ligue. Les confrontations directes face à ces formations seront les dernières chances pour le MHSC d’éviter une descente apparaissant de plus en plus comme une possibilité extrêmement concrète. Le recrutement récent, qu’on qualifiera diplomatiquement de modeste, sera un facteur clé pour essayer d’insuffler la dynamique nécessaire afin d’éviter le cataclysme au soir de la 22ème journée (sinon avant).

Deux semaines de trêve vont maintenant permettre à Yannick Chandioux et à son staff d’intégrer les nouvelles têtes, avec ensuite un déplacement difficile en vue chez le FC Nantes (samedi 21/02, 17h), dauphin surprise de Lyon cette saison, qui semble néanmoins marquer le pas ces temps ci avec deux nuls consécutifs. Un premier test avant de retrouver derrière Lens le mercredi 11 mars, dans ce qui sera une première finale pour le maintien.
LA COMPO
Yilmaz – Levasseur, Rastocle (Chabod, 77′), Felden (Palis, 55′), Baylet (Bizet, 55′) – Coquet (Ngueleu, 55′), Blanc (Rambaud, 89′), Ouchene – Kadzere, Rouquet, Gstalter
Crédits photo : @mhsc_féminines


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