
Le roseau Pailladin plie, mais ne rompt pas
Il y a des victoires qui valent un peu plus que trois points. Celle obtenue hier soir à Dunkerque par le Montpellier Hérault SC appartient assurément à cette catégorie. Dans un contexte où Zoumana Camara devait composer avec plusieurs absences, parfois connues, parfois beaucoup plus tardives, le MHSC a trouvé les ressources pour s’imposer 0-1 et signer sa deuxième victoire de la saison en trois journées de Ligue 2. Mamadou Camara, Théo Chennahi et, dans les dernières minutes de la journée, Daylam Meddah manquaient donc à l’appel. De quoi sérieusement compliquer les plans du technicien Pailladin, obligé de composer avec les forces disponibles. Et pourtant, il a su trouver des solutions. Hichem Abderrebi a ainsi connu sa première titularisation dans le monde professionnel, tandis que Florian Tardieu, enfin débarrassé de ses pépins physiques du début de saison, a effectué ses premiers pas sous le maillot montpelliérain.
Il ne fallait toutefois pas s’attendre à une entrée en matière tranquille. Durant quinze à vingt minutes, le MHSC a subi. Et forcément, dans les travées et devant les écrans, la crainte de revivre certains scénarios déjà connus pouvait légitimement gagner les supporters. Mais Montpellier n’a pas rompu. Tel un roseau, le MHSC a plié, parfois fortement, mais n’a pas rompu sur la première partie de la période. Et surtout, il a progressivement redressé la tête. Au fil des minutes, les hommes de Zoumana Camara ont retrouvé du rythme, du souffle et surtout suffisamment de maîtrise pour éloigner progressivement les Dunkerquois de leur surface. Les premières occasions montpelliéraines n’étaient certes pas franchement dangereuses, mais elles avaient le mérite d’exister. Elles traduisaient surtout un changement de dynamique.

C’est peut-être là que se trouve l’une des principales satisfactions de cette soirée. Plus que la qualité du football proposé — restons mesurés, nous sommes en Ligue 2 et il ne faut pas s’emballer — c’est l’état d’esprit affiché qui mérite d’être salué. Montpellier a accepté de subir avant de réagir. Il a su inverser la tendance d’une rencontre qui aurait pu lui échapper. Et cette dynamique s’est prolongée au retour des vestiaires. Le MHSC est resté l’équipe la plus entreprenante, celle qui s’est procuré les situations et qui a progressivement fait naître probablement l’idée qu’un résultat positif était possible. Jusqu’à cette occasion conclue par Nicolas Pays, jusque-là imprécis dans le dernier geste, pour libérer définitivement les Pailladins et permettre à Montpellier de prendre les commandes.
Restait alors à tenir. Car évidemment, plus les minutes passaient, plus Dunkerque se devait de prendre des risques et plus la pression s’intensifiait sur le but montpelliérain. Le MHSC a encore tremblé à quelques reprises. Mais, une nouvelle fois, le roseau n’a pas rompu.
Cette victoire est donc bien plus qu’un simple succès à l’extérieur. Elle doit apporter du moral, du mental et surtout une dose de confiance à un groupe qui en avait besoin. S’imposer à Dunkerque, dans un championnat aussi imprévisible que la Ligue 2, avec autant d’absents majeurs et dans un contexte loin d’être idéal, n’est pas anodin. Il faudra évidemment confirmer. Et surtout ne pas tomber dans le piège qui consisterait à considérer que la réception de Boulogne, lors de la prochaine journée, sera une formalité. La Ligue 2 adore rappeler que les victoires rendent parfois les matches suivants encore plus compliqués. À Montpellier de ne pas l’oublier et l’exemple de la saison dernière suffira à illustrer ses propos.
En attendant, le MHSC est leader provisoire. Cela ne durera probablement pas au terme du week-end, et peu importe finalement. Ce qui compte est ailleurs : Montpellier envoie un message. Celui d’un groupe qui semble progressivement comprendre ce que son entraîneur veut lui inculquer depuis plus d’un an. Celui d’un collectif où les égos semblent avoir laissé place à l’union. Celui d’une équipe capable de souffrir ensemble, de réagir ensemble et désormais de gagner ensemble. Le travail de Zoumana Camara et de son staff commence peut-être, enfin, à porter pleinement ses fruits. Et si cette équipe continue à afficher cet état d’esprit, alors oui, il y a de bonnes raisons de croire que quelque chose est en train de naître à Montpellier. Le roseau pailladin plie encore. Mais, surtout, il ne rompt plus.


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