
France 98 : Quand Montpellier vivait au rythme de la Coupe du Monde
Le 2 juillet 1992, lorsque la France apprend qu’elle va organiser la Coupe du Monde, le fait que Montpellier fasse partie des villes hôtes n’a alors rien d’acquis.
Notre ville n’a ni le palmarès ni l’ancrage footballistique d’autres villes comme Saint-Étienne, Nantes ou Lens, et ne dispose pas non plus du poids démographique de Toulouse. Montpellier doit aussi faire face à 14 candidatures, dont celles de Nancy ou Rouen qui misent sur la création d’un nouveau stade pour convaincre le comité d’organisation. En revanche, Montpellier bénéficie d’un atout : l’étroite collaboration entre son maire de l’époque Georges Frêche et le président du MHSC, Louis Nicollin. La préfecture de l’Hérault bénéficie aussi du retrait de la candidature de Strasbourg, qui refuse d’engager les travaux nécessaires pour la construction du stade.

Au prix d’un intense lobbying, les deux hommes parviennent à arracher auprès de Michel Platini, alors Président du Comité d’organisation, que Montpellier soit retenue pour faire partie des 10 villes hôtes de la compétition.
Pour répondre aux normes FIFA, le dossier de candidature prévoit une rénovation totale du stade de la Mosson, qui passe de 23 500 places (dont une partie debout) à 35 500 places assises. 110 millions de francs sont investis pour la création d’un salon officiel, d’une salle de presse, de la tribune Aigoual. Des mises à niveau sont en outre nécessaires pour les systèmes de sonorisation, d’affichage du score, d’éclairage, de vidéo-surveillance et d’arrosage. Des filins élastiques sont posés pour séparer la tribune Gévaudan de la pelouse.
Le stade est finalement inauguré le 4 juin 1997, à l’occasion du Tournoi de France et d’un France -Angleterre perdu 0-1, sur un but d’Alan Shearer en fin de match.


Lors du Mondial 98, Montpellier accueille 6 matchs dont un huitième de finale :
- 10 juin 98 – Groupe A – Maroc 2 – 2 Norvège
- 12 juin 98 – Groupe B – Paraguay 0 – 0 Bulgarie
- 17 juin 98 – Groupe B – Italie 3 – 0 Cameroun
- 22 juin 98 – Groupe G – Colombie 1 – 0 Tunisie
- 24 juin 98 – Groupe F – Allemagne 2 – 0 Iran
- 29 juin 98 – Groupe G – Colombie 1 – 0 Tunisie
- 29 juin 98 – 1/8 – Allemagne 2 – 1 Mexique
Quelques souvenirs d’Italie – Cameroun :

Le Département de l’Hérault sert aussi de camp de base pour plusieurs sélections. Le Paraguay (oui déjà !) jette son dévolu sur Clapiers, tandis que les Camerounais, eux, choisissent Béziers.
Dans la lignée de la coupe du monde précédente aux États-Unis, France 98 incarne l’explosion des produits dérivés de l’événement. Certains sont estampillés au nom de Montpellier, offrant à la ville un rayonnement global associé à la compétition.

Les années 90 correspondent aussi à la démocratisation et la diffusion massive du jeu vidéo dans le monde. Le Stade de la Mosson se retrouve donc modélisé dans le jeu Coupe du Monde 98, édité par EA SPORTS.
En revanche, la FIFA n’impose pas encore ses normes draconiennes et ses fans zones standardisées aux couleurs de Coca-Cola, Visa ou Qatar Airways. Pour accueillir les touristes, Montpellier mise alors sur un village mondial installé sur l’Esplanade, où se mêlent produits locaux, artisanat d’Afrique du Nord et football. Comme pour le titre de 1990, c’est sur la place de la Comédie qu’ont lieu les célébrations avant et après les matchs.


Après l’inoubliable victoire des Bleus 3-0 vient l’heure du bilan de la Coupe du Monde. Un véritable succès, si l’on en croit le Comité d’Organisation qui déclare plus de 300 millions de francs de bénéfice sur un budget global de 2,4 milliards. La ville de Montpellier termine la compétition avec 6 millions de francs en plus dans ses caisses.
Quant au bilan touristique, on dénombre près de 150 000 spectatrices et spectateurs. Les évènements culturels organisés, comme les concerts de Jimmy Cliff et de Barbara Hendricks, ont trouvé leur public avec plus de 20 000 personnes massées place de la Comédie. Surtout, la ville a su bénéficier de l’effet levier de l’événement pour renouveler ses infrastructures footballistiques. Avec un investissement de « seulement » 20 millions de francs, la Ville se retrouve propriétaire d’une enceinte évaluée à 110 millions d’euros.
Enfin, c’est un héritage, visible ou non, que laisse le tournoi. Grâce à cette rénovation, la Mosson recevra d’autres événements internationaux, comme la Coupe du Monde de Rugby en 2007 ou le Mondial féminin en 2019. En revanche, le durcissement des normes des comités d’organisation, conjugué au vieillissement de la Mosson, maintiendra Montpellier à l’écart des JO 2024 ou de la Coupe du Monde de Rugby 2023.
De quoi plaider pour une rénovation du stade ?




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Crédits Photos/Vidéos :
Archives de Montpellier
INA
France 3
C. De Buck / Montpellier Passé (Facebook)
Midi Libre
IconSport
Sources :
Le Monde
Les Échos
Midi Libre
En Commun Montpellier
Ici Hérault
Archives de Montpellier


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