
Justine Rouquet décroche le point du nul contre Dijon
Ce n’est pas le résultat idéal pour une équipe dernière de son championnat, mais il devrait néanmoins aider à reprendre un peu espoir. Au sortir d’une défaite déprimante mercredi à Strasbourg (2-1), les joueuses du MHSC Féminines recevaient le Dijon FCO à domicile ce samedi, pour un match qui s’annonçait difficile face à un prétendant au haut de tableau. D’abord menées, les Héraultaises sont revenues au score en toute fin de partie grâce à Justine Rouquet, arrachant le point du nul (1-1) et évitant ainsi le pire dans une rencontre longtemps indécise…
Les 22 actrices présentes au coup d’envoi n’auront en tout cas pas été épargnées par les pluies diluviennes qui se sont abattues ce week-end sur le département. Vents forts, précipitations, bref des conditions âpres pour jouer au football, suffisantes pour (en théorie) gâcher quelque peu le spectacle. Cependant, la pelouse de Grammont a plutôt bien tenu le choc et les deux équipes ont su, quelques maladresses mis à part, nous offrir un match rythmé, avec une bonne dose de suspense.
Appliquées défensivement et plus efficaces au milieu (grâce, en partie, au retour majeur de leur capitaine Sonia Ouchene), les Pailladines livrent d’abord une première mi-temps intéressante, bien que limitée par leur manque de tranchant en attaque. En témoigne la première occasion du match, issue d’une belle séquence de passes, mais retardée par trop de tergiversations balle au pied. Montée dans la surface, Jade Rastocle prend ses responsabilités, mais son tir fuit le cadre (14′). C’est ensuite à Judith Coquet de placer une tête au-dessus (16′). Le plus gros raté du premier acte revient néanmoins à la latérale Marie Levasseur : idéalement placée à la réception d’un centre d’Ouchene, la Québécoise écrase trop sa reprise du plat du pied (35′).
En face, Dijon a plus de mal à exploiter sa possession, mais peut tout de même s’en remettre à l’incontournable Nadia Krezyman, qui amène par deux fois le danger dans le camp héraultais : d’abord sur un centre (32′), puis sur une bonne incursion depuis son côté gauche (40′). L’ailière polonaise, habituée aux grosses performances contre Montpellier, fait toutefois face à une Levasseur accrocheuse dans son couloir. La mi-temps arrive et jusqu’ici, le nul paraît logique.
Le DFCO attaque fort à la reprise, permettant à Ceylin Yilmaz de se montrer pour sa première titularisation en championnat avec les pros. L’internationale U19 sort deux bonnes interventions face à Chengshu Wu (48′) et Noémie Carage (49′). Alors que les Bourguignonnes commencent enfin à cadrer leurs tentatives, Montpellier reste pour sa part actif, mais peu dangereux. Coquet prend sa chance de loin et envoie le ballon largement au-delà des cages (53′). Elle est ensuite trouvée dans la surface par Nina Ngueleu, décochant une frappe contrée par Carage (54′). Mais c’est sur le corner qui suit que le MHSC va nourrir des regrets : Ouchene combine avec Justine Rouquet et envoie un centre dans la boîte, la gardienne Katriina Talaslahti repousse alors la balle droit sur Ngueleu, qui loupe totalement sa reprise (54′). Un crève-cœur pour l’avant-centre, dont les stats peinent à décoller cette saison.
À l’approche de l’heure de jeu, le match peut encore basculer de chaque côté, les deux équipes tentant tant bien mal de surmonter leur maladresse sur une pelouse détrempée. Finalement, c’est Dijon qui se montre enfin plus efficace grâce, évidemment, à Nadia Krezyman : replacée désormais sur le côté droit, l’attaquante prend le dessus sur la jeune Chiara Baylet et envoie un centre fort au second poteau qu’Aïrine Fontaine vient couper à toute vitesse de la tête (0-1, 58′).
De quoi atteindre sérieusement le moral des Pailladines qui, pour la énième fois, risquent de sortir d’un match où elles se sont montrées compétitives sans le moindre point. Rose Kadzere réalise certes un bon raid deux minutes après le but (60′) mais globalement, on sent les joueuses de Yannick Chandioux touchées. Celui-ci procède à plusieurs changements et sort notamment Nina Ngueleu, laissant Justine Rouquet, plutôt discrète jusqu’ici, s’installer en pointe. Dijon a néanmoins le vent en poupe et peut se reposer sur une Krezyman toujours plus dominante depuis sa permutation à droite : elle butte d’abord en solo sur Yilmaz (64′), avant de se muer ensuite en passeuse pour servir en retrait sa compatriote Oliwia Domin; dont le tir effleure la barre (66′). Montpellier ne réagit que par quelques centres stériles, alors que les minutes continuent à défiler à l’avantage du DFCO.
On tremble à nouveau dans la tribune de Grammont lorsque Nadia Krezyman (encore !) est à deux doigts de plier le match, forçant une nouvelle fois Yilmaz à sortir une belle parade (81′). Le MHSC s’en remet au jeu long, et Rouquet trouve ainsi Kadzere dans la surface, qui dévie de la tête pour Lola Gstalter. La remplaçante est néanmoins légèrement à contretemps et manque de reprendre la balle au point de penalty (83′). Derrière, c’est Yilmaz qui démontre une nouvelle fois son étonnante maturité en réalisant une sortie vigilante sur une nouvelle incursion bourguignonne. Une incursion signée Krezyman, bien entendu (85′).
La jeune gardienne de Montpellier va ensuite se retrouver à l’initiation de la prochaine action. Elle réalise un long dégagement vers Celia Chabod puis Rose Kadzere, qui vient bondir devant Noémie Carage pour trouver Justine Rouquet. Oubliée entre les défenseuses, elle part vers le but. On croit que l’attaquante a fait la touche de trop lorsqu’elle omet de servir Gstalter, lancée sur sa droite, mais la voilà qui dribble Margaux Vayron et décoche une frappe à ras-de-terre, mystifiant Talaslahti (1-1, 86′) !
Piquées aux vif, les visiteuses réagissent et reprennent le jeu à leur compte dans les dernières minutes, mais le MHSC tient bon. Hormis une petite alerte sur un corner dijonnais, où Rastocle place malencontreusement une tête qui file légèrement au-dessus de son propre but (89′), la fin de match se déroule sans alerte majeure. Montpellier s’en sort avec un point. Pas de quoi révolutionner les choses au classement certes, mais une conclusion adéquate au vu de la physionomie de la rencontre et déjà suffisante pour soulager un peu l’état d’esprit du groupe.
Ce point, il appartient avant tout au duo Yilmaz-Rouquet (18 ans chacune), décisif dans la dernière partie du match. La gardienne, propulsée dans les cages à la faveur des absences de Justine Lerond et Marie Petiteau, a réalisé une première très intéressante, malgré sa sortie loupée sur le but de Fontaine. Ses nombreux arrêts réalisés en seconde période confirment le potentiel suggéré par son statut d’internationale U19. Avec moins de sérénité sur sa ligne, le MHSC n’aurait peut-être pas eu l’opportunité de revenir arracher ce point.
Rouquet, elle, brille à nouveau en inscrivant son 6ème but de la saison, s’affirmant clairement comme l’une des révélations de la Première Ligue 2025/26. Dans un match où l’attaque pailladine a souvent trop tergiversé, multipliant les touches inutiles qui ralentissent le jeu (mention spéciale sur ce point à Rose Kadzere, souvent bien placée mais régulièrement coupable de tricotage aggravé), elle a su faire la différence en ponctuant son action phare d’une frappe limpide, difficile à arrêter. Peu de joueuses dans l’équipe ont cette capacité de finition. On en oublierait presque que, jusqu’à son but, elle était finalement assez peu trouvée dans le jeu, rendant une copie plutôt moyenne. Mais cela ne l’a pas empêché de faire la différence dès qu’elle l’a pu. La marque des grandes ?
Porté le retour de la capitaine Sonia Ouchene, le milieu héraultais a aussi retrouvé des couleurs, avec une Judith Coquet bien plus en vue que sur ses matchs précédents. Point fort de l’équipe en début de saison, ce secteur doit impérativement continuer ainsi pour que le collectif redresse la barre. Signalons également le match solide de Levasseur à droite de la défense, muselant bien Krezyman durant la première mi-temps. Une performance qui n’a pas échappée au coach bourguignon Sébastien Joseph, qui a flairé le bon coup en faisant permuter son ailière, afin qu’elle puisse bénéficier d’une vis-à-vis plus inexpérimentée en la personne de Chiara Baylet, méritante mais malmenée face à la Polonaise. Notons enfin qu’Agathe Felden vient d’enchaîner pour la première fois deux titularisations en charnière, de quoi gagner en confiance pour la néo-pro.
Au classement, ce match nul ne permet donc pas à Montpellier de quitter la zone de relégation. Néanmoins, aucune équipe résidant dans les 5 dernières places n’a remporté de match (l’OM a tout de même pris un point contre Fleury) sur cette journée, laissant le MHSC Féminines à égalité avec Lens et Saint-Étienne et à 4 unités de la 8ème place. Rien n’est donc définitivement joué dans la course au maintien, même si le seul point pris cette semaine face à deux équipes de milieu de tableau reste un maigre bilan au vu de la situation.

Et c’est à nouveau une équipe du milieu de pack qui attend les Pailladines dans deux semaines, puisqu’elles se rendront samedi 31 janvier sur le terrain du FC Fleury 91 (17h), actuel 5ème. Mais avant cela, c’est le 8ème de finale de Coupe de France qu’il faudra négocier dès dimanche prochain. Un match bonus au regard des priorités de la saison, qui les opposera, rappelons le, au Paris Saint-Germain.
Crédits photo : @mhsc_feminines


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