[Exclu AP] Julien Lamour, adjoint à Canet : “J’ai le sang pailladin”

À cinq jours du déplacement à Canet, nous avons pu avoir le plaisir d’échanger avec l’entraîneur adjoint du CRFC, Julien Lamour. Ancien pensionnaire de Grammont, fils de Philippe Lamour, responsable du pôle Excellence du MHSC, ce quart de finale de Coupe de France revêt forcement un caractère particulier pour celui qui revendique avoir “le sang pailladin”.

Julien Lamour, pouvez-nous vous présenter votre parcours jusqu’à ce poste d’entraîneur adjoint à Canet Roussillon?

Je prépare le diplôme CEPA d’entraîneur et de préparateur physique professionnel à Clairefontaine. J’ai rejoint Canet pour intégrer le staff de National 2 qui est une structure semi-professionnelle. Au vu des ambitions du club et du fait que je suis originaire de Perpignan, j’ai rejoint Canet. D’abord en tant que second préparateur physique et au bout de deux mois, on m’a proposé le poste d’entraîneur adjoint de Farid Fouzari. En parallèle et en collaboration avec un préparateur physique, je m’occupe également de la préparation athlétique des joueurs.

Quel est votre rapport au club du MHSC, alors que votre père y officie en tant que responsable du pole Excellence?

J’ai été élevé au club! Mon père est au club depuis 1989, j’avais 8 ans. J’ai le sang Pailladin comme je leur dis ici à Canet. J’y ai évolué jusqu’en U17 mais, au vu de mes qualités de footballeur j’ai dû partir (rires). J’ai joué à l’ASPTT et les autres clubs autour, mais mon père a donné sa vie à Montpellier. J’étais à ses côtés donc forcément je suis attaché au club. Je suis un vrai supporter, mon fils entonne les chants de la Butte… De mon côté, je vais mettre ce costume-là dans un coin pendant 90 minutes.

Après Marseille, voilà donc une nouvelle écurie de Ligue 1 sur votre passage. Certaines réactions côté Canet ont quelque peu secoué les réseaux sociaux. Comment l’avez-vous vécu?

J’ai eu une discussion avec les joueurs, car cela a été très mal perçu. Comme tout club amateur, Paris fait rêver. On connaît le danger qu’est le nôtre d’affronter Montpellier et à se faire éliminer, forcément, on peut se dire qu’on aurait préféré se faire sortir par Paris. Ce n’est pas du tout contre Montpellier, je peux même vous dire que pour mes joueurs c’est plus bandant quand on pose les noms, de jouer Savanier, Delort ou Ferri que l’OM. Ils savent très bien que cela sera dur. Si on avait pris Rumily, on aurait dit “on aurait préféré prendre une Ligue 1. Aujourd’hui, Paris fait rêver le monde entier, pas la France ou Canet, mais le monde entier. Forcément qu’un joueur amateur préfère sortir contre le champion de France, cette équipe qui joue la ligue des Champions. Ce n’est nullement contre Montpellier, on sait ce qui nous nous attend. Je les connais par cœur, c’est une équipe de guerriers.

Dans vos rangs figure aujourd’hui un ancien de Grammont en la personne de Jean Vercruysse. Souvent cité parmi les espoirs pailladins, il n’a pas pu poursuivre l’aventure au club et a donc rejoint Canet. Quel est votre avis à son sujet?

On sait que Jean est de passage, Canet est un tremplin pour lui et nous en sommes conscients. Je pense qu’il n’a pas eu de chance dans son parcours à Montpellier, d’abord à cause de ce COVID. Puis à son poste, aujourd’hui, il y a des joueurs de classe internationale à Montpellier, qui ont un très gros niveau. C’était peut-être difficile pour lui alors de s’imposer. Il a eu l’intelligence de venir à Canet pour prendre du temps de jeu, se montrer. Demain, il va réintégrer le monde professionnel sans problème.

Quand on se penche sur cette édition de la Coupe de France on s’aperçoit finalement que le manque de rythme supposé des amateurs n’a que très peu d’influence puisque les traditionnelles surprises subsistent. Comment l’expliquez-vous, vous qui avez éliminé l’OM et Boulogne-sur-mer (N) notamment?

L’envie. On sait qu’au coup de sifflet final tout peut s’arrêter. C’est le leitmotiv à chaque fois. Les joueurs sont des compétiteurs, c’est leur métier pour la plupart chez nous. Ils n’ont pas envie que cela s’arrête. Donc à chaque fois, c’est vrai, qu’avec le coach on souligne cette donnée : cela ne peut pas s’arrêter là. On est conscient qu’à un moment, cela risque de s’arrêter mais, la motivation principale reste celle-là. Pour ce qui est de la préparation, bien sûr, on augmente la charge et le volume de travail pour essayer de compenser le manque de compétition.

Plus globalement concernant votre parcours, vous passez aux tirs au but face à Colomiers lors du 7e tour. Cela aurait pu se finir vraiment plus tôt…

On revient au score, avant de passer par la séance. Je crois qu’on a fait la différence sur les vingt dernières minutes et les joueurs ont compris après que le travail a payé. Colomiers c’est une très grosse écurie de National 2. Poitiers également. Après évidemment, il y a Marseille. Cela nous fait de publicité mais au final, cela ne nous rend pas service car désormais nous sommes attendus (sourire). On est peut-être le petit poucet mais on nous prend un peu moins pour des guignols (rires).

Sans vous demander de nous dévoiler votre plan de bataille, que pensez-vous qu’il vous faudra pour créer à nouveau la surprise face à Montpellier pour prolonger la magie de la Coupe?

Il va falloir je pense être des guerriers comme le sont les joueurs de Montpellier. C’est une équipe d’hommes, de combattants. Je les adore pour cela. On l’a vu contre Marseille, un match qui résume le MHSC de cette saison, qui ne lâche rien, qui joue pour l’amour du maillot avec un seul objectif. Il faut que ce soit pareil pour nous, et je dirai aux joueurs que pour défier 11 guerriers, il nous faudra être 11 guerriers. Si on n’est que 7 dans cette optique, on prendra le bouillon c’est sûr.

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