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Interior of a clothing store with a large VISTA logo and circular emblem, shirts on racks in the background and a front display shelf in the foreground.

A la découverte de Vista, la boutique de maillot vintage du centre-ville

Quand j’ai appris qu’une boutique de maillots de foot de seconde main avait ouvert à Montpellier, je dois bien l’avouer, j’étais sceptique. Certes, depuis le milieu des années 2010, le marché du foot vintage a explosé en Europe avec des mastodontes comme Classic Football Shirts, mais je ne voyais pas comment une petite boutique tributaire de ses charges allait pouvoir lutter face aux faux maillots venus de Chine, à Vinted, ou autres sites de vente en ligne. Il a fallu que je me rende à la boutique située au 18 rue de l’Argenterie au cours d’un jeudi anonyme de printemps pour que je me rende compte que j’avais complètement tort.

Du haut de ma chaise de bar, obstruant partiellement l’entrée, le constat est sans appel : la boutique ne désemplit pas. En face de moi, Damien Quinonero, 22 ans, doit m’interrompre régulièrement pour satisfaire aux demandes de ses clients. À l’intérieur, on parle français, danois, allemand, anglais. J’ai presque l’impression d’être tombé dans une soirée Erasmus. On ressent aussi le moment de la sortie du lycée, lorsque quelques jeunes s’attardent sur un maillot du Barça floqué Ronaldinho, nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pas connue. Il faut dire qu’avec des jaquettes PES, des crampons Total 90 et un ballon Teamgeist, la déco du lieu nous renvoie directement dans les années 2000.

Yellow Ronaldo soccer jersey with green trim hanging on a wooden hanger beneath a shelf displaying football boots, a ball, and magazines.

Entre deux encaissements, Damien finit par trouver le temps pour me livrer quelques-uns des ingrédients de ce succès commercial. “Vista, c’est avant tout une histoire d’amitié. Avec Alexis [Portales, l’autre associé, ndlr] on est deux potes qui se sont connus tout jeunes à Montpeyroux, à côté de Gignac et qui ont décidé de monter un projet ensemble. On a ouvert le 20 septembre 2025 et on a décidé d’embaucher un alternant [Pierre Bezirard] qui est un pote aussi.” La boutique raconte peut-être aussi quelque chose de l’esprit entrepreneurial de la génération Z. Pas besoin de business plan, Vista a commencé en ligne, puis, au fil des années, voyant que la demande était au rendez-vous, l’envie d’ouvrir une boutique est venue.

Vista compte plus d’un millier de maillots en réserve, faute de place, tout ne peut pas être présenté en boutique. Pour trouver leur graal, les clients peuvent consulter le catalogue complet à partir de tablettes. C’est l’option qu’a choisie un Franco-Danois venu avec sa mère et qui a vraisemblablement jeté son dévolu sur un maillot de l’Atletico Madrid. Après un petit détour d’Alexis par l’arrière boutique, il peut enfin l’essayer dans une cabine d’essayage tapissée d’anciens France Football. Avec une telle quantité de produits, authentifier chaque maillot, vérifier qu’il ne s’agit pas d’une contrefaçon, n’est pas une mince affaire et peut vite s’avérer chronophage. “C’est important pour nous d’avoir que des maillots officiels. À force d’avoir des maillots en main, on a développé une vraie expertise : pour chaque marque, chaque club, c’est différent. Quand on a affaire aux maillots modernes, c’est plus facile, souvent on va trouver un code spécifique qui permet de l’identifier. Sinon, pour les maillots plus anciens, on échange beaucoup avec des collectionneurs spécialisés dans leur club. On essaie d’identifier les étiquettes, le pays de fabrication, les sponsors, on regarde les photos des matchs.”

Inside a clothing store with racks of colorful shirts on both sides; customers browsing."Most important info: shopping scene in a apparel store"

Damien l’admet, il vend énormément de maillots du FC Barcelone et de l’Olympique de Marseille, mais en réalité sa boutique fait office de petite ambassade du MHSC. Un portant entier est d’ailleurs réservé aux maillots du club. On retrouve des maillots d’il y a quelques saisons, mais aussi des portés ou même un vestige des tuniques colorées vêtues par nos gardiens au milieu des années 90 et siglé du logo M. “En tant que supporter, aujourd’hui, je trouve que nos maillots ont souvent trop de sponsors. Parmi les récents, j’aime le maillot 2012-13 qu’on a porté en Ligue des Champions. C’était mon rêve de l’avoir, j’ai fini par en trouver un porté par Mapou contre l’Olympiakos. Sinon, j’aime beaucoup le maillot 1996/1997, Adidas, avec pour seul sponsor PlayStation.”

Two Adidas jerseys on wooden hangers hanging from a metal rod in a shop display, with a carved stone circular arch in the background.

Le point de vente bénéficie aussi du fait que le MHSC n’ait plus de vente dans le centre-ville. “On a beaucoup de touristes : des Allemands, des Suisses, avant de m’y installer, je n’imaginais pas qu’il y avait autant de touristes. Ils représentent facilement 1/5e de notre clientèle. Ce sont des fans de foot qui veulent ramener un souvenir chez eux. Une fois, j’ai eu un Suisse qui m’a pris un maillot porté de Leroy. Tu vois, pour un supporter de Montpellier, Leroy c’est un échec, mais comme lui venait de Bâle, ça l’a tout de suite attiré.” En serpentant dans les allées, on trouve aussi un peu de merchandising de Montpellier, comme le tee-shirt “Montpellier Legends” qui fait toujours son effet. “Oui, c’est une petite collaboration qu’on a faite avec RetroFootballGang, un Français installé à Madrid qui fait ce type de design.” Plus surprenant, au détour de la conversation, j’apprends que plusieurs joueurs du MHSC sont même passés en boutique pour acheter quelques maillots. Parfois, des proches d’anciens joueurs viennent aussi vendre des lots de maillots portés. Il y a de cela quelques semaines, quelques maillots portés de 2012 sont même ressortis lors du drop hebdomadaire du vendredi 12h.

Si le maillot de foot est longtemps resté cantonné au stade, aux terrains et au dimanche après-midi, aujourd’hui, il est perçu comme un véritable accessoire de mode qui a conquis toute la jeunesse, y compris un public féminin. “On appelle ça le blockcore, c’est une tendance popularisée par les réseaux sociaux qui consiste à mettre le maillot dans la vie de tous les jours plutôt que lors d’un match, les gens font leur tenue du jour à partir du maillot. On s’y est un peu adapté, par exemple sur notre site : on a créé une option pour qu’on puisse trier les maillots par couleurs et non pas par club comme traditionnellement, car on s’est rendu compte qu’on avait des clients qui nous disaient : ‘je veux un maillot spécifiquement rose ou jaune’.”

Fort de son succès, Vista essaime un peu partout à Montpellier via des pop-up stores : on les a vus au FISE, ou plus récemment au Polygone. Au point où la petite équipe réfléchit aujourd’hui à s’implanter temporairement dans d’autres villes de France. En attendant, la boutique profite actuellement pleinement de l’effet Coupe du monde avec des commandes qui partent aux quatre coins de l’Europe et beaucoup de maillots vendus les jours de matchs. Damien et Alexis planchent sur d’autres surprises à venir, à commencer par une exposition de maillots portés de Montpellier qui serait accompagnée d’une mise en vente exceptionnelle de maillots. On va suivre ça de près et on ne manquera pas de vous tenir informés.

Store interior with long racks of colorful sports jerseys hanging on metal rails under a bright ceiling light.
Store display with France national team jerseys hanging on a rack beside a framed poster on the wall, in a shop.

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