OL 2-0 MHSC : Une marche encore trop haute face aux Lyonnaises

Ces dernières semaines, le résultats ont été positifs pour le MHSC féminin qui, après avoir glané une âpre victoire à domicile le week-end dernier contre Reims (2-0), avait ainsi pu se hisser à la 3ème place du classement, en amont de la 13ème journée de D1. Néanmoins, cette bonne dynamique allait être mise à rude épreuve ce samedi soir, avec un déplacement extrêmement périlleux chez l’Olympique Lyonnais. Et face à cet adversaire sensiblement supérieur, les Oranges-et-Bleues n’ont eu d’autre choix que de dire adieu à leur actuelle série de matchs sans défaite…

À l’instar du week-end dernier, la compo alignée par Yannick Chandioux pour cette affiche en terre rhodanienne a révélé quelques surprises. Si le retour à la défense à 3 était attendu après une parenthèse à 4 derrière une semaine plus tôt, les mises sur le banc de Charlotte Bilbault et Faustine Robert l’étaient moins. Les deux cadres héraultaises auraient souffert de petites alertes physiques à l’entraînement durant la semaine, incitant leur entraîneur à réintégrer des joueuses telles qu’Inès Belloumou ou Cyrielle Blanc au 11 de départ.

Organisé en 3-4-2-1, le bloc montpelliérain va logiquement rester assez bas au cours de la première mi-temps. Les Lyonnaises prennent le jeu à leur compte, et s’offrent une première grosse opportunité via Dzsenifer Marozsán, dont la frappe est brillamment repoussée par Lisa Schmitz (7′).

Mais si les 10 premières minutes sont pleinement olympiennes, les débats vont par la suite commencer à s’équilibrer un peu plus, le MHSC s’offrant même l’une de ses rares incursions par le biais de Nérilia Mondésir. Blanc est à la retombée du centre de l’Haïtienne, mais choisit de remiser directement plutôt que de contrôler ou de frapper. Personne n’est là pour reprendre, et le ballon file en six mètres (16′).

Le rythme du match devient ensuite plus haché, Montpelliéraines et Lyonnaises finissant d’ailleurs la mi-temps avec le même nombres de fautes (7). Malgré tout, la supériorité technique des locales se fait sentir, et elles s’offrent les actions les plus dangereuses. Luna Gevitz doit signer une belle intervention devant Le Sommer pour empêcher l’internationale française d’ajuster Schmitz à bout portant (21′). Puis, sur une mauvaise sortie de cette dernière, les Fenottes s’emparent du ballon, et c’est au tour de Lakrar d’effectuer un gros retour défensif pour arrêter Vicki Becho (34′). La même Becho sera également à la réception d’un beau centre de Selma Bacha près de 10 minutes plus tard, mais sa tête passera au-dessus (42′). Côté pailladin, pas grand chose à signaler, si ce n’est une tentative non cadrée de Mondésir peu avant la pause (40′).

Malheureusement pour nos Languedociennes, l’OL saura les cueillir à froid au retour des vestiaires. Alors que Schmitz et Gevitz s’attachent à relancer court, la balle est subtilisée par Marozsán, qui trouve Becho. Cette dernière effectue une talonnade vers Le Sommer, qui ajuste une Lisa Schmitz impuissante (1-0, 49′).

Dos au mur, le MHSC tente de réagir et s’offre dans la foulée sa meilleure opportunité du match : un enchaînement rapide sur le côté gauche entre Belloumou et Škorvánková, conclu par un centre de la Slovaque devant le but. Blanc coupe bien la trajectoire et force Christiane Endler à intervenir (53′). Mais ce sera, déjà, une sorte de baroud d’honneur pour les visiteuses.

Alors que ce week-end a été riche en buts sur les terrains de D1 Arkema, avec notamment le nul spectaculaire entre le Paris Saint-Germain et Fleury (4-4) ou la correction assénée à Bordeaux par Reims (6-1), cet OL-Montpellier prend lui une tournure bien plus monotone. Malgré les entrées de ses cadres Bilbault et Robert, notre équipe ne parvient pas à créer un élan dans le jeu pour bousculer son adversaire, à l’inverse par exemple de ce qui avait été fait plus tôt cette saison chez le PSG (2-2) ou même lors du match aller contre Lyon (1-3). En face, la troupe de Sonia Bompastor est clairement en mode gestion.

Les Fenottes vont finalement se créer le reste des situations notables jusqu’au coup de sifflet final. Sarah Däbritz est d’abord toute proche de doubler la mise d’une belle frappe enroulée, mais sa tentative frôle le montant (78′). Qu’à cela ne tienne, l’Allemande se voit offrir une nouvelle opportunité quelques instants après : Amandine Henry lance dans la profondeur l’entrante Delphine Cascarino, qui dépose Océane Deslandes, et sert donc Däbritz, laissée seule au point de penalty. La sentence est immédiate, et l’OL prend le large (2-0, 80′). En toute fin de rencontre, c’est Damaris Egurrola qui vient mettre Schmitz à contribution, mais la gardienne pailladine parvient à s’interposer sur les deux tentatives successives de la joueuse néerlandaise (93′ et 94′).

Au final, le MHSC vient donc logiquement s’incliner à Décines. Un coup d’arrêt, après une série de 6 matchs sans défaite en D1. Il s’agit aussi de la première déroute de la saison à l’extérieur. Si les joueuses de Yannick Chandioux n’ont pas pris un énorme bouillon face aux championnes en titre, il est finalement assez clair qu’elles se sont montrées bien trop inoffensives pour espérer quoi que ce soit ce soir.

LA COMPO

Schmitz – Mpome, Gevitz (Elsig, 72′), Deslandes, – Lakrar, Torrent, Boureille (Bilbault 46′), Belloumou – Blanc (Mbakem-Niaro, 72′), Škorvánková (Robert, 55′) – Mondésir (Coquet, 86′).

LES TROIS POINTS À RETENIR

1) Quelques carences mises en avant

On le sait, la marge d’erreur face à une équipe comme l’OL est toujours particulièrement réduite et ce match n’a pas fait exception. Schmitz et Gevitz, trop hasardeuses sur la relance amenant le premier but, en ont fait les frais. Si la défenseuse danoise est capable de belles interventions dans sa surface, son manque de lucidité sur certaines actions n’est pas nouveau et avait déjà été un problème le week-end dernier contre Reims. Et si les Champenoises n’avaient pas su en tirer parti, cette fois, face à un adversaire plus coriace, ça n’a pas pardonné. Idem pour Deslandes, dont le manque de vitesse a été pleinement exploité par Cascarino sur le second but. Plusieurs fois, également, on a vu Maelys Mpome au bord de la rupture dans son camp, manœuvrant difficilement balle au pied sous le pressing des Fenottes.

On sait que l’arrière-garde héraultaise, plutôt régulière ces derniers temps, a des qualités. Les joueuses qui la composent ont d’ailleurs toutes su amener de la stabilité lors de la série de matchs sans défaite qui vient de s’achever. Mais ces petits points faibles, qui peuvent être surmontés sur la plupart des rencontres, se paient cash lorsque l’adversaire est du calibre de Lyon.

Offensivement, le manque de solutions qui existe actuellement dans l’effectif montpelliérain a aussi été mis en évidence. Nérilia Mondésir s’est débattue, mais était bien trop esseulée pour apporter le danger. Avant le match, Yannick Chandioux aurait confié aux journalistes de Canal+ qu’il espérait un éventuel renfort devant pour compléter son effectif. Alors que le retour de l’avant-centre Lena Petermann a encore été repoussé de quelques semaines, et que la recrue Léa Khelifi, touchée au pied droit, devrait louper le reste de la saison, cet hypothétique recrutement ferait un bien fou à l’équipe. Si les autres secteurs de jeu sont assez bien fournis, l’attaque semble vraiment avoir besoin d’un coup de pouce, un constat qui a été plus que criant lors de ce déplacement dans le Rhône.

2) Cyrielle Blanc, vers une mue offensive ?

Il s’agissait là d’une des curiosités de la compo, le positionnement assez haut de la milieu centrale Cyrielle Blanc, alignée en soutien de Mondésir avec Dominika Škorvánková. D’accoutumée plus sentinelle ou relayeuse, on a vu la native d’Aurillac se faire sa place sur l’aile droite, se retrouvant ainsi dans la surface à la conclusion de deux des rares actions montpelliéraines.

Une utilisation que l’on peut voir comme le prolongement de sa performance décisive du côté du Havre avant la trêve, où elle avait inscrit le seul but de la rencontre (0-1). L’absence à pallier de Léa Khelifi est peut-être aussi un facteur. Si ce match face à l’OL n’était pas le rendez-vous le plus abordable pour exprimer tout son potentiel offensif, il sera intéressant de voir si l’internationale espoir continuera d’être utilisée dans ce registre, et si elle parviendra à améliorer encore sa capacité de finition lors des prochains matchs.

3) Le MHSC reste au cœur de la bataille pour le podium

Il fallait s’y attendre avec ce déplacement chez l’Olympique Lyonnais au programme : le retour du MHSC sur le podium de la D1 aura été de courte durée. Avec cette défaite, Montpellier perd ainsi la 3ème place acquise le week-end dernier et redescend au 5ème rang. C’est le Paris FC qui en profite, en se relançant chez le HAC (1-3), tandis que Fleury a su remonter un déficit de deux buts pour arracher le point du nul contre le désormais ex-leader parisien (4-4).

En parallèle, le carton de Reims dans le choc du milieu de tableau contre Bordeaux (6-1) a aussi permis aux Champenoises de réaffirmer leur statut d’équipe candidate au top 5, voir mieux. Du PFC au SDR, tout ce petit monde se tient donc en 4 points. Une homogénéité qui rend passionnante cette course au podium, où nos Pailladines conservent toutes leurs chances.

Actuellement, c’est Fleury qui semble néanmoins avoir la meilleure dynamique dans ce groupe de poursuivants. Leur victoire aux dépens du Paris FC lors de la journée précédente (2-0) a pris des airs de tournant, et cette équipe, dotée d’un bon socle défensif, affiche désormais une réussite épatante devant le but. Et à l’inverse du MHSC, le FCF91 s’est aussi renforcé cet hiver, étoffant sa ligne d’attaque portée jusqu’ici par des petits gabarits rapides (Batcheba Louis, Rosemonde Kouassi) par l’arrivée d’une avant-centre au profil de pivot : Il s’agit ni plus ni moins que de l’ex-buteuse montpelliéraine Valérie Gauvin.

Après un exil difficile à Everton, puis dans la NWSL américaine, la Réunionnaise est ainsi venue se relancer chez un concurrent direct de son ancien club. Un retour qui sera donc à suivre de très très près.

Mais en attendant de recroiser la route de son ancien attaquante, le MHSC féminin va rester sur le pont lors des deux semaines qui viennent. Le prochain match de D1 aura lieu dans moins de quinze jours chez les Girondines de Bordeaux (vendredi 03/02 à 18H30), mais entre-temps c’est la Coupe de France qui reprendra ses droits, avec les 8èmes de finale en ligne de mire. L’adversaire ? Et bien c’est l’Olympique Lyonnais, que les Héraultaises vont donc recroiser le samedi 28 janvier, à 16 h, pour une rencontre qui se disputera là encore à l’ombre du Groupama Stadium.

Crédits photo : mhscfoot.com

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