Cyril, supporter de Strasbourg : “Téji Savanier, c’est un joueur fantastique !”

C’est désormais votre nouvelle rubrique pour accompagner vos jours de matchs, le Tour de France des supporters. Lors de chaque rencontre du MHSC, nous partirons à la rencontre d’un supporter de l’équipe adverse, afin d’avoir son ressenti concernant la rencontre à venir. Pour ce premier numéro, nous recevons Cyril : un grand romantique et amoureux du Racing Club de Strasbourg de longue date. Nous évoquerons avec lui le dépôt de bilan du RCSA en 2011, la remontée en Ligue 1, la victoire en Coupe de la Ligue, et même le match entre Montpellier et Strasbourg en mai 2009, qui est resté dans le mémoire de beaucoup de supporters des deux camps. Rencontre avec un passionné du RCSA qui a (presque) tout connu dans sa jeune vie de supporter.

Bonjour Cyril, peux-tu te présenter pour nos internautes ?


Bonjour, moi c’est Cyril, j’ai 28 ans, caviste de métier et supporter du Racing depuis le plus jeune âge. Je suis abonné pour la 11ème année, et surtout heureux que le Racing soit resté en Ligue 1, après une dernière saison compliquée.

Mais malgré tout, une cinquième saison consécutive passée dans l’élite. C’est bien ça ?

Oui, cinquième saison en Ligue 1. C’est vrai qu’on était réputé, avec Metz, comme étant le club qui faisait le plus l’ascenseur. Là maintenant, on retrouve une certaine stabilité après le dépôt de bilan (en 2011, ndlr). Concernant ma vie de supporter, j’ai commencé à prendre mon abonnement quand on était en CFA 2 (National 3 aujourd’hui).

On s’est retrouvé à jouer contre Forbach, Schiltigheim en CFA 2, alors qu’il y a quelques années on jouait contre Nancy, Metz, Paris, Marseille, etc… On s’est dit que ça allait être long

Justement, comment t’est venue cette passion pour le Racing Club de Strasbourg ?

Mon père m’avait emmené à la Meinau pour la première fois en 1998 pour un match Strasbourg-Marseille. J’étais vraiment attiré par cette ambiance, l’odeur des merguez en arrivant au stade (rires). J’aimais beaucoup le foot, j’avais 5 ans quand l’Équipe de France a gagné sa première Coupe du Monde. Je me suis tout de suite destiné, comme beaucoup d’enfants de mon âge vers le foot. Et le fait d’habiter Strasbourg m’a fait venir cette passion naturellement. Quand le Racing est tombé en CFA 2, je me suis dit que c’était à ce moment-là qu’ils avaient besoin de leurs vrais supporters. J’ai donc décidé de prendre mon premier abonnement.

C’est vrai que c’est particulier pour un club de cette envergure de descendre aussi bas. Comment as-tu vécu cette période depuis le dépôt de bilan jusqu’à la remontée en Ligue 1 ?

Ce n’était pas facile au début. Je me souviens encore de la dernière saison en Ligue 2, on devait absolument gagner pour se maintenir, et on a perdu le match face au Havre. Ensuite on s’est déplacé à Châteauroux, j’ai suivi le match à la radio en larmes car on descendait en National. Ensuite, on a eu la possibilité de remonter, mais on a fait un très mauvais début de saison. Cependant, on s’est relevé par la suite. Avant la dernière journée, on était 3ème au classement, mais on était exempté, on a donc regardé Guingamp gagner à Rodez et monter devant nous. On savait qu’en ne remontant pas tout de suite en Ligue 2, on allait déposer le bilan. L’été a été mouvementé, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Finalement, la première journée de la saison suivante, on s’est retrouvé à jouer contre Forbach, Schiltigheim en CFA 2, alors qu’il y a quelques années on jouait contre Nancy, Metz, Paris, Marseille, etc… On s’est dit que ça allait être long, et qu’on ne savait pas combien d’années on mettrait avant de retrouver le monde pro. Première saison de CFA 2, on est monté en CFA. Ensuite on est monté tout de suite en National. Après on devait descendre en CFA, mais on a été repêché à cause de l’affaire Luzenac. Puis après on a fait 4ème de National, champion l’année suivante, on est remonté et on a fait tout de suite champion de Ligue 2. Finalement, 7 ans après, on est de retour en Ligue 1. Finalement, avec le recul, c’était beau. On s’était déplacé en tram à Schiltigheim, un club de la banlieue de Strasbourg en CFA 2. On avait affrété un tram bleu. C’était juste incroyable.

Je vois que tu en as vécu des moments particuliers dans ta vie de supporter, quel serait ton moment le plus marquant ?

Mon meilleur souvenir ? Si je faisais un peu le romantique, je dirais la rencontre avec mon épouse le jour d’un Strasbourg-Vesoul, le 28 avril, on s’est mis ensemble le 26 mai 2012 lors d’un match contre Jarville où le Racing venait d’officialiser sa montée en CFA. Ça c’est plus pour le côté romantique. Pour le côté un peu plus personnel, c’était un 12 mai 2018, on jouait contre Lyon à domicile pour la 37ème journée. C’était la première saison du Racing en Ligue 1. On menait très rapidement 1-0, puis Lyon a pris le dessus et menait 2-1. Dans les 10 dernières minutes, on va d’abord égaliser et à la 94ème minute, Liénard envoie un pétard en pleine lucarne. C’est un coup franc qui est resté dans ma mémoire et celle de nombreux Strasbourgeois, parce qu’il y avait une ambiance phénoménale à la Meinau, et aussi parce que c’était le soir de mon anniversaire. J’ai eu mon plus beau cadeau parce qu’on officialisait notre maintien en Ligue 1 avec cette victoire.

C’est sûr que quand la Meinau commence à s’embraser, ça fait beaucoup de bruit ! On va parler un peu de la période actuelle, le début de saison strasbourgeois est un peu en dents de scie (3V, 1N, 4D). Pour l’instant le Racing est 12ème au classement avec 10 points de pris. Comment juges-tu ce début de saison ?

Comme tu l’as dit, c’est un début de saison en dents de scie. Moi, je suis plutôt dans la team optimiste, tout en sachant qu’on a pris beaucoup de buts dans les 5 premiers matchs. C’est vrai que le bilan comptable pourrait être bien meilleur puisqu’on a reçu 3 clubs à notre portée au mois d’août. La victoire contre Brest a été le début de quelque chose. On s’est déplacé à Lens où on a gagné 1-0 avec beaucoup, beaucoup de chance, et aussi peut-être un carton rouge généreux. Oui, le début de saison est en dents de scie, mais on voit que Julien Stéphan joue dans la même physionomie de jeu avec 3 centraux. On a plus d’intentions de jeu qu’avec Thierry Laurey, que j’apprécie énormément, mais on voit la différence. La patte Stéphan commence à prendre. Puis il y a eu surtout une très très belle victoire contre le grand rival historique, le FC Metz, 3-0.

Je ne remercierai jamais assez Thierry Laurey pour tout ce qu’il a fait pour ce club.

Avant de parler de ce derby, je reviens juste sur Laurey et les raisons de son départ. Était-on arrivé à la fin d’un cycle ? Ce changement était-il inévitable pour le Racing ?

Oui, clairement inévitable. On l’a vu au fur et à mesure. Laurey est quelqu’un de très pragmatique, que j’affectionne beaucoup, et à qui je souhaite de réussir au Paris FC. Du côté de Strasbourg, c’était l’entraîneur avec la plus grande longévité sur le banc du Racing. À la fin de la saison dernière, son discours ne passait plus, et il exaspérait beaucoup les joueurs, car il a un gros caractère, et une forte personnalité. Quand ses messages ne passent pas, il est très compliqué à vivre. Je pense qu’on était arrivé à la fin d’une histoire avec un entraîneur qui nous a beaucoup donné. Il ne faut pas oublier qu’il nous a donné un titre de champion de France de Ligue 2, 4 maintiens en Ligue 1, et une Coupe de la Ligue. Donc je ne le remercierai jamais assez pour tout ce qu’il a fait pour ce club. Il a stabilisé le club en Ligue 1, et c’est très bien. Après, l’arrivée de Julien Stéphan est un renouveau. Tous les supporters de Strasbourg sont heureux de son arrivée, on pensait qu’on aurait eu Gourvennec.

Oui effectivement Julien Stéphan est arrivé. Pour l’instant, pas de changement de système, tu en parlais précédemment. En revanche quels changements as-tu observé depuis son arrivée ?

On a gardé ce système à trois centraux, mais c’est aussi dû à la difficulté de recruter un latéral gauche. Notre capitaine, Mitrovic, est parti à Getafe. Maintenant, le brassard tourne entre Liénard, le joueur emblématique de Strasbourg, et Djiku qui est le roc de la défense centrale. Concernant la révélation, je pourrai parler de Gerzino Nyamsi de Rennes, qui est arrivé en toute fin de mercato pour 1 million d’euros. Et c’est un bœuf ! Il est très difficile à passer. Il est grand, costaud, et personnellement, je préfère me prendre un bus que me prendre Nyamsi, étant attaquant. La différence principale est qu’avant on cherchait à envoyer des longs ballons sur la tête d’Ajorque, maintenant on essaye de construire en partant de derrière. On aime avoir le ballon, il y a des phases de jeu intéressantes, et nous on prend un pied monumental à voir ce Racing jouer. Offensivement, on manque parfois d’efficacité, mais le jour où on va scorer, ça va faire très mal !

Pourtant, devant, c’est pas la qualité qui manque.

Julien Stéphan est en train d’instaurer une belle concurrence entre nos 3 attaquants : Ajorque, Diallo et Gameiro. On a un jeune très prometteur qui s’appelle Moïse Sahi, qui est blessé aux ischio-jambiers. On a Lebo Mothiba qui est encore sur le carreau, il a pas joué de toute la saison dernière car il s’était rompu les ligaments croisés, il va revenir prochainement. Donc il y a beaucoup de concurrence devant, mais qui est saine. C’est beau de pouvoir compter sur des attaquants de qualité.

J’ai vu des équipes bien plus en difficultés que nous, je veux pas parler trop vite mais je pense que le maintien sera assez facile cette saison.

Il y en a deux qui se sont illustrés récemment, Ajorque et Diallo, qui ont tous les deux marqués lors du derby face à Metz (3-0). Comment as-tu vécu ce match ? C’est forcément un moment marquant dans la saison du Racing ?

C’est d’autant plus marquant que ça faisait 14 ans qu’on n’avait pas battu Metz à la Meinau. Avant ça, ça faisait 13 ans qu’on n’avait pas battu Metz tout court. On avait commencé à vaincre le signe indien le 14 février dernier, jour de la Saint-Valentin, en allant les battre à Saint-Symphorien, dans un stade vide. En arrivant à la Meinau, je n’étais pas super confiant. En plus, il y a un adage à Strasbourg qui dit que c’est l’équipe la plus mal en point qui l’emporte entre Strasbourg et Metz. Puis on a l’habitude de relancer les équipes faibles. Je n’étais vraiment pas confiant, je me disais qu’au mieux on fait match nul, mais je ne nous voyais pas gagner. Il a fallu de 5 minutes pour qu’Oukidja fasse une sortie et nous offre un penalty. Dans ce genre de match, quand on marque en premier, d’autant plus rapidement, ça enfonce la tête sous l’eau à nos adversaires. Après, Diallo, je ne sais pas s’il a voulu enfoncer son ancien club, mais il a mis un doublé. On l’a senti heureux, les Messins l’étaient moins !

Ce moment est indéniablement le plus marquant de cette première partie de saison de Strasbourg, qu’attends-tu du reste de la saison à venir ?

Je vais parler comme le président de mon club : faire le mieux possible. Cela passe par un maintien beaucoup plus tranquille que la saison dernière, où on a eu peur jusqu’au bout. On a fini 15ème à deux points du barragiste. Si on ne jouait pas contre un Nice en claquettes-chaussettes, on descendait. Heureusement on gagne chez eux, après on a fait un nul catastrophique 1-1 contre Lorient. Ce que j’attends de cette saison ? Je fais toujours partie de la team optimiste, j’aimerais bien qu’on vise le top 10. Mais pour une saison de transition avec l’arrivée du nouveau coach faire toujours le mieux possible, et essayer de se rapprocher le plus de la dixième place, ce serait déjà pas mal. J’ai vu des équipes bien plus en difficultés que nous, je ne veux pas parler trop vite mais je pense que le maintien sera assez facile cette saison. Mais on va essayer de finir le plus haut possible.

Par contre, Valère Germain me fait excessivement peur, j’aurais jamais cru dire ça si c’était celui de Marseille.

Tu parlais de saison de transition avec l’arrivée de Julien Stéphan. Nous, à Montpellier, on est dans le même cas. Michel Der Zakarian est parti, Olivier Dall’Oglio est arrivé sur le banc montpelliérain. Est-ce que tu as suivi le début de saison du MHSC ? Qu’en as-tu pensé ?

Je n’ai pas regardé les matchs, je n’ai suivi que les résultats. Malheureusement, vous avez perdu votre doublette d’attaquants et ça a fait très mal au club, même si Valère Germain retrouve un second souffle à Montpellier. J’ai trouvé absolument scandaleux la façon dont Andy Delort a traité les supporters montpelliérains. Au niveau du coach, Der Zakarian est parti, Dall’Oglio est arrivé, au final je trouve que vous n’avez pas trop perdu au change. Là où vous avez beaucoup perdu, je trouve que c’est au niveau de votre charnière centrale Hilton-Congré. Il faut que la sauce prenne avec Dall’Oglio. Par contre, Valère Germain me fait excessivement peur, je n’aurais jamais cru dire ça si c’était celui de Marseille.

Tu parles de Valère Germain qui te fais peur pour le match à venir, quel est le joueur que tu crains le plus dans cet effectif montpelliérain ?

Téji Savanier ! C’est un joueur fantastique. J’ai regardé le cataclysme de l’Équipe de France Olympique, et à chaque fois, je trouvais que c’était lui le meilleur sur le terrain. C’est exceptionnel pour Montpellier d’être allé chercher un joueur comme ça, qui plus est chez le rival nîmois. Il peut s’éclater avec Montpellier dans un système de jeu qui lui convient parfaitement.

Tu les vois finir à quelle place ces Montpelliérains en fin de saison ?

Il me semble que Montpellier avait mieux débuté sa saison l’an dernier. Pourquoi vous n’étiez pas européens sous l’ère Der Zak’ ? Parce que vous vous écrouliez en fin de championnat.

Ou aussi parce que Strasbourg remporte la Coupe de la Ligue l’année où on finit 6èmes (rires).

Ah c’est donc ça ! Pas de chance, on ne va pas s’en plaindre non plus. Je vous vois terminer dans le top 10, pas européens, mais dans cette zone entre les places européennes et le top 10. 8-9èmes je dirais.

Ce match, c’est le début de la fin pour Strasbourg parce qu’on rate la montée à Montpellier, et c’est la saison d’après qu’on tombe en National.

On va revenir sur le match entre Montpellier et Strasbourg, as-tu un souvenir en particulier concernant un match entre ces deux équipes ?

Evidemment, je pense que tout le monde a le même ! La fois où Montpellier va en Ligue 1 à notre place, en 2009 (2-1 pour Montpellier). En plus, il y a Cohade qui rate un pénalty, alors qu’il n’en avait pas raté un seul de la saison. À la limite, j’aurais préféré qu’il rate tous les autres et qu’il mette celui-ci. Pourquoi ce match ? Parce qu’à la Mosson il y avait une ambiance incroyable. Puis ce match, c’est le début de la fin pour Strasbourg parce qu’on rate la montée à Montpellier, et c’est la saison d’après qu’on tombe en National. Comme pour de nombreux Strasbourgeois, c’est ce match-là qui me reste en travers de la gorge. Après il y a eu le 4-3 de l’an dernier où ce match, défensivement, c’était assez folklorique, le scénario était fou.

Tu parlais du match en 2009, c’est le Montpellier-Strasbourg le plus marquant, mais c’est aussi un des matchs les plus marquants de l’histoire du MHSC. Pour Strasbourg, tu évoquais le début de la fin, alors que pour Montpellier, c’est les bases de notre titre de Champion de France en 2012. C’est fou de voir les destins opposés des deux équipes suite à ce match, non ?

Oui, il y a des avenirs diamétralement opposés entre les deux équipes. L’un est champion de France, l’autre tombe en CFA 2. Comme quoi, un match de 90 minutes a des conséquences assez dingue pour deux clubs. Un penalty raté. Il me semble qu’avec le nul on montait en Ligue 1. C’est fou de voir à quoi ça tient le foot. Un pénalty.

Le résumé de ce match historique est à retrouver ici.

C’est incroyable ! Sinon, concernant le match de ce samedi, quelles sont pour toi les clés du match ? Sur quels détails ce match va se jouer selon toi ?

Comme beaucoup de Montpellier-Strasbourg, ça va se jouer sur des petits détails. À l’inverse de ce qu’il s’est passé la saison dernière, être solide défensivement. Avant le match de Lille, on restait sur deux clean sheets qui faisaient beaucoup de bien. Défensivement, c’est important de laisser la cage inviolée le plus longtemps possible. 96 minutes ce serait très bien. Il faudrait être plus juste offensivement que ce qu’on a pu être. Et surtout, ne pas réitérer la performance cataclysmique, le non-match qu’on a réalisé face à Lille. Ce que j’aimerais voir, c’est un Racing Club de Strasbourg qui joue 93, 94, 95 minutes. Ils ont souvent tendance à jouer des bouts de match. Si on veut se permettre de jouer quelque chose dans ce championnat, on ne peut pas se permettre ça. C’est sur les détails qu’il faut être absolument irréprochables.

Un petit pronostic pour terminer ?

Je vais être optimiste encore une fois. On va gagner 2 buts à 1. Gameiro et Ajorque pour les buteurs.

Très bien c’est noté ! On te retrouve après le match sur la Cave de Papy ?

Très probablement, si je suis dans le lineup, on me retrouvera samedi soir après le match !

Merci à toi, Cyril, d’avoir répondu à nos questions. On te retrouve donc juste après le match sur la chaîne YouTube de la Cave de Papy !

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