
« Pour générer des revenus, il faut avant tout investir » : Paul Bouffard défend sa vision du MHSC Féminines
Dans une interview accordée au média Montpellier Sports Club, le président du Montpellier Hérault Sport Club Féminines, Paul Bouffard, s’est exprimé longuement sur les enjeux économiques du football féminin. Interrogé par le journaliste Bertrand Queneutte sur la rentabilité encore limitée du secteur, et sur les raisons qui poussent Crux Football à investir à Montpellier, le dirigeant a tenu à déconstruire certaines idées reçues.
« J’aime beaucoup votre question car elle reflète un a priori largement répandu sur le football féminin, et plus globalement sur le sport féminin. Oui, aujourd’hui, le football féminin professionnel perd de l’argent. C’est une réalité. Mais se contenter de ce constat est un peu facile. Pour générer des revenus, il faut avant tout investir. Or, sans investissement, il est impossible de créer de la valeur. C’est une règle fondamentale, valable pour toute entreprise. À l’heure actuelle, les investissements restent limités, et surtout insuffisamment structurés pour permettre un véritable développement économique. La philosophie de Crux Football est justement de changer cela : investir en priorité pour améliorer la performance des joueuses, mieux les mettre en lumière et les valoriser, non seulement en tant qu’athlètes, mais aussi en tant que femmes dans la société. L’objectif est de créer une véritable valeur autour du club. Cela passe par des investissements, mais aussi par une transformation du modèle économique. Jusqu’à présent, les sections féminines étaient souvent perçues comme non rentables, dépendantes des subventions et du soutien des structures masculines. Ce modèle n’était pas équilibré, ni durable.
En devenant indépendant, il devient possible de repenser totalement cette organisation. Cela prendra du temps — plusieurs mois, voire plusieurs années — pour trouver le bon équilibre. Mais l’ambition est claire : réduire la dépendance aux subventions et développer de nouvelles sources de revenus, notamment à travers l’exploitation du stade et les partenariats, aujourd’hui encore trop peu développés lorsque les sections féminines sont rattachées aux clubs masculins. Il existe donc un véritable potentiel de croissance, à condition d’agir également sur la maîtrise des dépenses. Le chantier est global : il concerne à la fois les revenus et les coûts, avec l’objectif de construire un modèle plus vertueux et durable. »


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